{"id":517,"date":"2026-10-09T13:03:47","date_gmt":"2026-10-09T13:03:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.amsv-maroc.org\/site\/?p=517"},"modified":"2026-10-09T13:03:47","modified_gmt":"2026-10-09T13:03:47","slug":"algerie-les-harraga-reprennent-le-large","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.amsv-maroc.org\/site\/?p=517","title":{"rendered":"Alg\u00e9rie\u00a0: les harraga reprennent le large"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alg\u00e9rie\u00a0: les harraga reprennent le<\/strong><strong> large<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Avec les espoirs n\u00e9s du hirak, le chiffre des candidats \u00e0 l&rsquo;\u00e9migration clandestine avait baiss\u00e9. Huit mois plus tard, il est reparti \u00e0 la hausse. Un mauvais signal quant \u00e0 la confiance dans l&rsquo;actuel processus politique.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;augmentation du nombre de candidats \u00e0 l&rsquo;\u00e9migration clandestine, la classe politique alg\u00e9rienne est appel\u00e9e \u00e0 s&rsquo;interroger sur la situation qui pr\u00e9vaut huit mois apr\u00e8s le d\u00e9but du hirak.<\/p>\n<p>En\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/algerie\">Alg\u00e9rie<\/a>, il ne passe pas une semaine sans que les services de s\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;enregistrent des tentatives d&rsquo;\u00e9migration clandestine. Les chiffres r\u00e9v\u00e9l\u00e9s derni\u00e8rement par le minist\u00e8re de la D\u00e9fense nationale donnent le vertige. Durant le mois de septembre seulement, les services de s\u00e9curit\u00e9 ont mis en \u00e9chec\u00a0720\u00a0tentatives d&rsquo;\u00e9migration ill\u00e9gale contre\u00a0336\u00a0durant le mois d&rsquo;ao\u00fbt. En un week-end seulement de la fin du mois de septembre, \u00ab\u00a0121 personnes ont \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9es au large du territoire maritime national\u00a0\u00bb, selon\u00a0<a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/edition\/actualite\/les-harraga-reprennent-la-mer-30-09-2019\"><em>El Watan<\/em><\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p><strong>Tr\u00e8s forte hausse du nombre d&rsquo;harraga intercept\u00e9s en septembre<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et les chiffres officiels ici ou ailleurs, m\u00eame ceux des Nations unies, ne refl\u00e8tent pas du tout la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Kouceila Zerguine, avocat sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions migratoires. Les bilans \u00e9labor\u00e9s ne prennent en compte que les personnes arr\u00eat\u00e9es et d\u00e9f\u00e9r\u00e9es devant les tribunaux, selon lui. \u00ab\u00a0Ils ne prennent pas en compte les harraga victimes de disparition forc\u00e9es ou d&rsquo;ex\u00e9cution sommaires en pleine M\u00e9diterran\u00e9e ou ceux qui arrivent en\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lepoint.fr\/tags\/europe\">Europe<\/a>\u00a0qu&rsquo;ils soient plac\u00e9s ou pas dans des centres de r\u00e9tention\u00a0\u00bb, d\u00e9taille-t-il.<\/p>\n<p>Pourtant, une certaine accalmie a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e dans le pays avec le d\u00e9but du mouvement populaire du 22\u00a0f\u00e9vrier et l&rsquo;espoir qu&rsquo;il avait donn\u00e9. Me Kouceila Zerguine \u00e9voque une tr\u00eave qui a dur\u00e9 pr\u00e8s de deux mois et demi. \u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons enregistr\u00e9 durant cette p\u00e9riode aucun d\u00e9part \u00e0 partir de l&rsquo;Est. Mieux, durant les premi\u00e8res manifestations les jeunes disaient\u00a0:\u00a0<em>\u00e7a ne sera plus nous les harraga mais eux<\/em>\u00a0(les d\u00e9cideurs, NDLR). Il y avait des slogans dans ce sens et des tags dans la ville d&rsquo;Annaba (o\u00f9 il habite, NDLR)\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p><strong>Climat politique et social tendu<\/strong><\/p>\n<p>Pour lui, la baisse ou l&rsquo;absence de tentatives d&rsquo;\u00e9migration clandestine durant cette p\u00e9riode n&rsquo;est pas li\u00e9e au climat. Le hirak a ranim\u00e9 la flamme de l&rsquo;espoir dans les c\u0153urs de milliers de jeunes Alg\u00e9riens. Comment expliquer donc cette reprise alors que le mouvement populaire se poursuit toujours dans le pays\u00a0? \u00ab\u00a0Les r\u00e9formes tant esp\u00e9r\u00e9es (avec le mouvement) tardent \u00e0 se concr\u00e9tiser et les derni\u00e8res poursuites judiciaires notamment contre les manifestants ont cr\u00e9e \u00e0 nouveau du d\u00e9sespoir. Les d\u00e9parts ont donc repris\u00a0\u00bb, r\u00e9sume l&rsquo;avocat.<\/p>\n<p>Ils sont poursuivis notamment pour \u00ab\u00a0atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Nous avons aujourd&rsquo;hui des chefs d&rsquo;inculpation dont on n&rsquo;a plus entendu parler depuis les ann\u00e9es 1980. On revient \u00e0 une situation qu&rsquo;on croyait d\u00e9finitivement r\u00e9volue\u00a0\u00bb, s&rsquo;indigne cet avocat. Aujourd&rsquo;hui, plusieurs raisons alimentent ces d\u00e9parts. Ce sont les m\u00eames qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine du ph\u00e9nom\u00e8ne qui remonte au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La question est nourrie par plusieurs facteurs internes. Ce sont des probl\u00e8mes d&rsquo;ordre politique, \u00e9conomique, social et culturel\u00a0\u00bb, rappelle Me Kouceila Zerguine. Le grand malaise des harangua ne peut absolument pas se r\u00e9sumer au probl\u00e8me du ch\u00f4mage, selon lui. \u00ab\u00a0Les gens ne partent pas forc\u00e9ment en qu\u00eate d&rsquo;un poste d&#8217;emploi. Ils sont en qu\u00eate d&rsquo;une vie d\u00e9cente dans un climat de libert\u00e9. Ce n&rsquo;est pas le cas aujourd&rsquo;hui dans le pays\u00a0\u00bb, dit l&rsquo;avocat. Les harraga ne sont pas que des jeunes ch\u00f4meurs remplis d&rsquo;espoir ou uniquement des hommes pr\u00eats \u00e0 risquer leur vie.<\/p>\n<p>Dans les embarcations de fortune, des m\u00e9decins et d&rsquo;autres cadres, des femmes avec enfants et des personnes \u00e2g\u00e9es prennent parfois place aux c\u00f4t\u00e9s des sans-emploi. \u00ab\u00a0Ils ne sont pas otages des appr\u00e9hensions de leurs a\u00een\u00e9s. Avoir un toit et manger \u00e0 sa faim ne leur suffit pas. Ils veulent vivre\u00a0! Et ils ne croient pas aux promesses. Les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ne croient qu&rsquo;au concret\u00a0\u00bb, insiste Me Kouce\u00efla Zerguine. Dans le pays, l&rsquo;augmentation du nombre des harraga demeure un important indicateur politique et social. \u00ab\u00a0C&rsquo;est m\u00eame l&rsquo;un des meilleurs indicateurs de la pression sociale\u00a0\u00bb, selon le sociologue Nacer Djabi.<\/p>\n<p>En janvier\u00a02019, soit pr\u00e8s d&rsquo;un mois avant l&rsquo;av\u00e8nement du mouvement populaire du 22\u00a0f\u00e9vrier, les autorit\u00e9s organisaient un s\u00e9minaire national sur la harga. Des experts et des influenceurs ont \u00e9t\u00e9 convi\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement chapeaut\u00e9 par Noureddine Bedoui, ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Un \u00ab\u00a0monologue\u00a0\u00bb, selon l&rsquo;avocat sp\u00e9cialiste de la question migratoire. \u00ab\u00a0Vous ne pouvez pas tenir un d\u00e9bat national sur la harga tout en ignorant les personnes concern\u00e9es et sans inviter les repr\u00e9sentants des familles des harraga\u00a0\u00bb, lance-t-il.<\/p>\n<p><strong>Que faire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Toutefois, la question migratoire s&rsquo;inscrit aussi dans un cadre plus global. \u00ab\u00a0Au d\u00e9but du hirak, il y avait, certes, cet espoir que la r\u00e9volution allait tout bousculer. Mais pour moi, ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne s&rsquo;est jamais arr\u00eat\u00e9. Il se poursuit selon le m\u00eame rythme. Il ob\u00e9it surtout au climat, \u00e9volue selon des conjonctures favorables et en fonction des politiques ici ou ailleurs\u00a0\u00bb, explique Mohamed Saib Musette. Ce sociologue sp\u00e9cialiste des questions migratoires rappelle l&rsquo;absence de politique migratoire dans le pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0S&rsquo;il y en avait eu une politique migratoire, on organiserait des migrations r\u00e9guli\u00e8res, il n&rsquo;y aurait pas eu de harraga. Dans le pays, nous avons par exemple une importation de main-d&rsquo;\u0153uvre mais pas d&rsquo;exportation\u00a0\u00bb, souligne-t-il. Pour lui, le ph\u00e9nom\u00e8ne de la harga n&rsquo;est pas li\u00e9 \u00ab\u00a0exclusivement \u00e0 la situation politique nationale\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Pourquoi ce ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;existait pratiquement pas dans les ann\u00e9es 1970\u00a0? Il n&rsquo;y avait pas de visas \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. La harga est expliqu\u00e9e aussi par une politique globale de l&rsquo;\u00e9migration\u00a0\u00bb, estime-t-il.<\/p>\n<p>Les jeunes harraga sont effectivement pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0prendre des risques\u00a0\u00bb, mais ne sont pas dans \u00ab\u00a0une logique suicidaire\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Un de mes coll\u00e8gues africains les d\u00e9crivait comme \u00e9tant des \u00ab\u00a0guerriers pr\u00e9par\u00e9s mentalement \u00e0 tous les risques\u00a0\u00bb et les experts alg\u00e9riens ne constataient pas d&rsquo;attitude suicidaire. Si on organise l&rsquo;\u00e9migration, il y aurait moins de tentatives (de d\u00e9parts clandestins, NDLR) par voie maritime\u00a0\u00bb, tranche la m\u00eame source.<\/p>\n<p><em>Par\u00a0Hadjer Guenanfa, \u00e0 Alger<\/em><\/p>\n<p>Publi\u00e9 le\u00a009\/10\/2019 \u00e0 11:25\u00a0| Le Point.fr<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<div class=\"mh-excerpt\"><p>Alg\u00e9rie\u00a0: les harraga reprennent le large \u00a0 Avec les espoirs n\u00e9s du hirak, le chiffre des candidats \u00e0 l&rsquo;\u00e9migration clandestine avait baiss\u00e9. 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