Communiqué  commun- Alarme Phone

                           Communiqué  commun

Alarme Phone WM et l’Association Marocaine des Droits de l’Homme à Oujda suivent de plus  près les nombreuses rafles et les multiples arrestations dans les rangs  des migrants subsahariens dans plusieurs  villes marocaines, y compris l’opération aveugle et acharnée constatée à Oujda le lundi 11 mars 2019, et qui a été mentionnée  dans un communiqué  officiel  la Direction Générale de la Sécurité Nationale (DGSN), à savoir, 81 migrants -es, dont 7 enfants mineurs, 26 migrantes et deux personnes de nationalité marocaine.

 

Selon les témoignages que nous avons recueillis et collectés auprès des personnes en migration arrêtées, nous avons enregistré  l’usage excessif de la force et du harcèlement, tel l’entrée par infraction aux domiciles des migrants qui a étrennée une grande panique, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. L’opération de ratissage s’est débutée à l’aube du lundi 11 mars à laquelle il y a  des migrants – es qui ont été arrêtés et reconduits avec leurs pyjamas, ainsi l’ensemble des migrants – es qui ont été arrêtés, ils étaient incarcérés plus de 17 heures dans des conditions difficiles et inhumaines,  et que parmi eux, il y a des migrants – es qui ont passés deux nuits sans nourriture et sans eau.

 

Parmi les migrants – es arrêtés, il existe ceux qui sont réguliers et  ceux qui sont irréguliers, et parmi eux, il y a un militant d’une organisation œuvrant dans le domaine de l’asile et de l’assistance juridique à Oujda. Certains de ces migrants arrêtés lors de cette opération musclée ont été libérés  successivement et par tranche dans les trois jours qui succèdent, par contre, le reste des migrants – es détenus – es, ils les ont présentés devant le procureur le jeudi 14 mars 2019.

 

A ces effets, nous déclarons à l’opinion publique locale, nationale et internationale:

  1. Nous exprimons notre profonde préoccupation et nous condamnons ces arrestations massives, ces détentions arbitraires et ces déportations aveugles effectuées aux profits des migrants – es dans des conditions inhumaines, qui visent à porter atteinte à la dignité et aux droits basiques des migrants, ainsi nous dénonçons tout usage de la force excessive lors des perquisitions, en luttant sans relâche pour la liberté de circulation qui est garantie par les conventions internationales ratifiées par l’État marocain, en plus des violations flagrantes de la loi marocaine 02 – 03, et cela, malgré ses lacunes, il réfute en concret le discours officiel des autorités marocaines basé sur  » l’approche des droits de l’Homme », et auquel le Maroc organise des séminaires nationaux et internationaux sur les migrations – fictifs  – , comme la conférence internationale  qui aura lieu à la faculté de médecine et de pharmacie – Université Mohammed Premier d’Oujda les 27 et 28 mars 2019, qui demeure caractérisé  par des graves violations persistantes par l’État des droits des migrants et des droits de l’homme en général.
  2. Examiner la situation critique des migrants d’Afrique subsaharienne et de leurs craintes, de la peur et de la situation générale dans la ville d’Oujda et dans le reste de la région, en violation des valeurs humaines et des conventions internationales, en particulier des groupes vulnérables tel les mineurs, les malades, les femmes, les femmes enceintes et les blessés … et autres, et qui réaffirme le refus de l’État marocain de respecter ses obligations et ses engagements, en continuant à appréhender une approche sécuritaire en dépit de respect et protection des droits fondamentaux des migrants.
  3. Envisager la déportation forcée des migrants d’Afrique subsaharienne par voies aériennes vers leur pays d’origine, et en collaboration aves certaines ambassades, constitue une violation flagrante du droit international et de la liberté de circulation, mettant leur vie et leur sécurité en danger.
  4. On en prend la responsabilité politique et juridique de la situation tragique des migrants africains et des jeunes du Maghreb aux pays de l’Union européenne et de leur pays voisins pour leurs politiques injustes, meurtrières et hostiles en matière de droits de l’Homme et de liberté de circulation, et en condamnons aussi toute militarisation des frontières, leurs fermetures et leurs externalisations, faisant des frontières, du désert et de la mer Méditerranée des cimetières collectives et quotidiennes à des candidats à la migration qui cherchent un monde meilleur et propice.
  5. Nous appelons toutes les associations militantes nationales et internationales ainsi toutes les associations des migrants au niveau du Maroc à trouver dans l’urgence les modalités adéquates et concrètes à fin d’élaborer un travail commun sur le terrain pour étudier et analyser les situations tragiques des migrants – es au Maroc, ainsi de renforcer nos synergies et de cordonner nos actions et nos projets  dans le but d’avoir une stratégie nationale d’observation, de control et de suivi pour lutter et dénoncer toutes les violations  des droits des migrants et de leurs libertés au Maroc.

 


Oujda 15 mars 2018

 

 

Groupe d’alerte téléphonique                      Association marocaine des Droits de l’Homme                                                                         Alarm PHONE                                                                                    AMDH

          

 

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