Décès de migrants clandestins

Décès de migrants clandestins

 

Certaines personnes décèdent lorsqu’elles tentent de gagner clandestinement le territoire d’un État membre. Les flux de migrants, qui prennent souvent le risque de voyager dans des embarcations précaires (les pateras), posent des problèmes particuliers aux États frontaliers. Certaines zones font ainsi l’objet de tentatives récurrentes d’accostage, tentatives se soldant souvent par la mort des migrants (appelés « harraga » en arabe): ainsi, le canal de Sicile, entre l’Italie et la Libye, les enclaves espagnoles au Maroc de Ceuta et Melilla, ou les îles Canaries sont des points d’entrée possibles sur le territoire européen. Au fil des ans, les États concernés (l’Espagne, l’Italie, etc.) ont réussi à obtenir une aide de l’UE concernant ce problème. L’externalisation des frontières de l’UE vers les pays du Maghreb (en particulier le Maroc) a aussi été une forme de réponse à cette question.

Selon le Centre international pour le développement des politiques migratoires, au moins 10 000 immigrants sont morts entre 1997 et 2007 en essayant de rejoindre les rives du sud de l’Europe45. Selon l’ONG United for intercultural action [archive], plus de 16 000 migrants sont morts entre 1988 et 2012. Les données collectées avant février 2011 ont été mises sous forme de carte interactive par Le mémorial des morts aux frontières de l’Europe [archive]. Selon l’association Fortress Europe [archive], basée en Italie, plus de 12 000 clandestins ont trouvé la mort et plus de 5 000 ont été portés disparus entre 1988 et 2008, en tentant de traverser la Méditerranée dans la zone du canal de Sicile46,47. En mer Méditerranée, ont perdu la vie 8 315 migrants. Dans le Canal de Sicile 2 511 personnes sont mortes48, entre la Libye, l’Égypte, la Tunisie, Malte et l’Italie, dont 1 549 disparus, et 70 autres ont perdu la vie le long des nouvelles routes entre l’Algérie et l’île de Sardaigne; 4 091 personnes sont mortes49 au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc et l’Espagne, dont 1 986 disparus; 895 personnes sont mortes en mer Égée, entre la Turquie et la Grèce, dont 461 disparus; 603 personnes sont mortes en mer Adriatique, entre l’Albanie, le Monténégro et l’Italie, dont 220 disparus.

 

  1. Malta struggles with migrants[archive], BBC, 9 juillet 2007
  2. ↑Revenir plus haut en :a et b Des dizaines de clandestins disparus au large de Malte [archive], RFI, 28 août 2008.
  3. ↑Voir aussi la carte des morts [archive] recensés en Europe et aux frontières, par Le Monde diplomatique
  4. ↑Fortress Europe: I numeri del Canale di Sicilia anno per anno [archive]
  5. ↑Fortress Europe: I numeri della Spagna anno per anno [archive]
  6. ↑« 800 personnes sont mortes dans le naufrage de leur bateau en Méditerranée » [archive], sur 20 minutes, 21 avril 2015 (consulté le 21 avril 2015)
  7. ↑Camille Bordenet, « En 2015, un migrant meurt toutes les deux heures en moyenne en Méditerranée » [archive], sur Le Monde, 20 avril 2015 (consulté le 21 avril 2015)
  8. ↑L’Express [archive]
  9. ↑Carte de l’OIM [archive]
  10. ↑Revenir plus haut en :ab et c Michel Agier, Vent mauvais sur la Méditerranée: La fin de l’asile, c’est le déni de la vie même [archive], Mediapart, 7 avril 2009.
  11. ↑Nouvel afflux de clandestins à Lampedusa[archive], RFI, 31 juillet 2008.
  12. ↑Revenir plus haut en :aet b Des centaines de morts et disparus aux portes de l’Europe [archive], Médecins du monde, 1er juillet 2008
  13. ↑Rapport Migrations : de l’espoir au désespoir[archive], Médecins du monde
  14. ↑La Méditerranée, une mer de cadavres[archive], RFI, 23 août 2007.
  15. ↑Ceuta : terre de migrants clandestins[archive], La Croix, 10 juillet 2006.
  16. ↑Des Africains tombent devant Melilla[archive], RFI, 4 juillet 2006.
  17. ↑Revenir plus haut en :ab et c Rapport 2006 pour la Grèce [archive] du Landmine Report (Section Landmine Casualties).

 

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