L’AMSV à Oujda : Un rempart de solidarité et de justice pour les migrants vulnérables aux frontières

Créée à Oujda (dans le Nord-Est du Maroc) en 2017, l’Association Marocaine d’Aides aux Migrants en Situation Vulnérable (AMSV) s’est donné pour mission fondamentale de lutter pour la liberté de circulation de chaque personne et de s’opposer fermement à la fermeture ainsi qu’à l’externalisation des frontières. Face aux politiques sécuritaires, l’association déploie des actions concrètes d’accompagnement juridique, de soutien humanitaire et de plaidoyer pour protéger les populations exilées les plus fragiles.
Soutenir les familles face aux drames des disparitions et des détentions
L’un des piliers majeurs de l’AMSV réside dans l’accompagnement quotidien des proches de migrants décédés, disparus ou détenus aux frontières (notamment le cas critique des détenus marocains en Algérie). L’association mène un travail crucial pour :
  • Lutter contre la fraude et les abus : Elle aide activement les familles à se prémunir contre les fausses informations, les escroqueries et les chantages financiers (demandes de transferts d’argent) qui se développent sur les réseaux sociaux.
  • Fédérer et organiser : L’AMSV rassemble les familles à l’échelle locale, nationale et internationale pour favoriser la solidarité et l’échange direct d’informations et d’expériences.
  • Documenter les drames : Elle s’efforce de collecter des chiffres et des données précises afin de constituer une banque de données sur les disparus, indispensable pour soutenir politiquement ce dossier.
  • Dénoncer les politiques mortifères : L’association s’oppose vigoureusement à la militarisation des frontières financée par l’Union européenne et milite activement pour l’abolition complète de l’agence Frontex.
La « Commémor’Action » : Garder vivante la mémoire des exilés
Chaque 6 février à Oujda, l’AMSV organise des journées de « Commémor’Action » sous le mot d’ordre « ARRÊTEZ LA GUERRE AUX MIGRANTS ». Cette mobilisation vise à exprimer une solidarité active envers les réfugiés et migrants subsahariens qui périssent dans le désert ou en mer Méditerranée, dont les corps tombent loin des caméras et à qui l’assistance est parfois refusée sous prétexte de leur statut « illégal ».
Cet événement commémore également des tragédies frontalières emblématiques, comme celle survenue le 6 février 2014 à Tarajal (Ceuta). Ce jour-là, une quinzaine de migrants tentant de rejoindre l’enclave espagnole à la nage ont trouvé la mort après que la Guardia Civil a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc à leur encontre — une affaire qui s’est soldée en 2015 par un non-lieu en faveur des gardes poursuivis.
Un réseau solide pour une protection effective
Pour mener à bien son action de protection, l’AMSV ne travaille pas de manière isolée. Elle s’appuie sur un vaste réseau de partenaires nationaux et internationaux, parmi lesquels le CCFD-Terre Solidaire, la Fondation Heinrich Böll, Migreurop, Alarme Phone Sahara ou encore l’équipe argentine d’anthropologie légale (EAAF).
Ce maillage associatif, renforcé par les contributions de chercheuses comme Sanae Salmi, s’efforce de consolider l’accès effectif des personnes migrantes aux droits fondamentaux (santé, justice, éducation, logement), de défendre l’application stricte du principe de non-refoulement et d’apporter une réponse globale et humaine face aux blocages institutionnels.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*